L'ARGENTINE
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2002-2015 : les années Kirchner

 

La dévaluation et le blocage des avoirs des argentins crée une situation terrible. Le mécontentement de la population s’exprime dans la rue, par des émeutes, des pillages et des « concerts de casseroles » (cacerolazos).

En quelques jours, cinq présidents se succèdent à la tête de l’État et les affrontements avec les forces de l’ordre font une trentaine de morts. Finalement c’est Eduardo Duhalde qui est élu président de la République le 2 janvier 2002. Le gouvernement, essentiellement composé de Péronistes met fin à la parité peso-dollar dès son arrivée au pouvoir.

Avec les élections présidentielles de 2003, c’est un autre candidat péroniste Nestor Kirchner qui est élu. L’ex-président Carlos Menem, loin derrière après le premier tour, annonce son retrait de la course à la présidence rendant inutile le second tour de l’élection présidentielle. Nestor Kirchner, 53 ans - aussi appelé "K" ou "El Pinguino" (Le Pingouin), du fait de ses origines du sud de la Patagonie - est proclamé président de la République argentine le 25 mai 2003 pour un mandat de quatre ans. Dès son arrivée, il négocie ferme avec le FMI, refusant un plan qui affecterait une population déjà durement touchée par la crise économique. Cette position lui confère alors une certaine légitimité auprès de ses compatriotes. Il se fait également connaître, à l’extérieur des frontières argentines, en réouvrant les procès de la junte militaire au pouvoir entre 1976 et 1983, abrogeant ainsi les lois d’amnistie votées sous la présidence de Carlos Menem.

Sa victoire aux élections législatives d’octobre 2005 lui permet de consolider son assise au pouvoir. Si l’économie reprend des forces, notamment avec la reprise de l’emploi et donc de la consommation, les argentins souffrent de la forte inflation, et sont encore nombreux à vivre en dessous du seuil de pauvreté.

Election de Cristina Fernandez de Kirchner et premier mandat

Les élections de 2007 voient arriver sur la scène politique nationale l’épouse du Président sortant, Cristina Fernandez de Kirchner – appelée Cristina par les argentins, ou par ses intiales CFK - anciennement sénatrice et conseillère de son époux. Le début de son mandat coïncide avec les premières retombées de la crise internationale de 2008 sur la croissance argentine. Ces quatre années à la Présidence de la République seront marquées par de nombreux conflits avec les syndicats et notamment le puissant monde agricole, qui l’oblige à renoncer à son projet d’augmentation des taxes sur l’exportation des céréales et du soja. D’autres lois importantes sont néanmoins votées sous son mandat, comme la réforme du système électoral en 2009, avec l’obligation de "primaires" lors du scrutin présidentiel, et en 2010, la loi sur le "matrimonio igualitario", faisant ainsi de l’Argentine le premier pays du continent à ouvrir le mariage aux homosexuels.

Les élections de 2011

Malgré la défaite du parti au pouvoir lors des élections législatives de 2009, l’opposition, très dispersée, ne parvient pas à s’organiser et tirer profit du mécontentement croissant d’une partie de la classe moyenne et aisée du pays. Cristina Fernandez de Kirchner se voit ainsi réélire pour un second mandat, en octobre 2011, avec près de 53% des suffrages, un an après le décès brutal de son époux, et ancien président, Nestor Kirschner.

La Présidente bénéficie aujourd’hui de la majorité dans les deux chambres du Parlement et du soutien de la quasi totalité des grouverneurs des provines.

Dans un contexte économique qui s’est dégradé, une croissance ralentie et une inflation réelle proche de 25%, elle a pris des mesures impopulaires : diminution des subventions publiques versées à certains services publics (eau, électricité), mesures protectionnistes, strict contrôle des changes, notamment limitations drastiques d’accès au dollar américain, monnaie refuge pour les argentins qui peinent à reprendre confiance dans le pesos, depuis la dévaluation de 2001.

Deux manifestations d’ampleur ont également eu lieu en septembre et novembre 2012, rassemblant plusieurs centaines de milliers de personnes dans les principales villes du pays. Les classes moyennes supérieures sont en effet descendues dans les rues pour exprimer leurs craintes et leur mécontentement face à l’insécurité et aux restrictions au change, imposées par le gouvernement.

La politique économique et sociale, axe majeur du "modèle K", s’il a contribué à relancer l’économie par de nombreux plans de redistributions sociales, n’a pas permis de réduire les écarts croissants et la polarisation de la société argentine.

 

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