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La religion du football en Argentine

Grâce à un ancrage populaire fort et à des joueurs mythiques comme Lionel Messi, Alfredo Di Stéfano et bien sûr Diego Maradona, le football est devenu en Argentine plus qu’un sport, plus qu’une institution : une véritable religion, pour des millions de supporters.

Le foot en Argentine, une religion ?

Ce n’est pas qu’une image, quand l’on sait que Diego Maradona fait l’objet d’un véritable culte religieux suivi par des dizaines de milliers de dévots dans le monde, avec ses jours de fêtes et sa prière ! Maradona est bien l’un des plus grands joueurs du XXe siècle, un virtuose qui a marqué l’histoire du sport par ses buts extravagants. Son deuxième but marqué face à l’Angleterre en quart de finale du Mondial de 1986 est souvent qualifié de "but du siècle"… Mais le premier but du match est tout aussi célèbre, et pour cause : il l’a marqué avec la main ! Oui, mais c’était "la Main de Dieu"…

Grâce à ce match de légende, Maradona a finalement pu réaliser son rêve d’enfant : permettre à l’Argentine de remporter un Mondial, le deuxième après celui de 1978. Depuis, l’image de Maradona s’est largement écornée, entre problèmes de drogue, de mafia napolitaine ou de fisc, émissions de variétés, soutien à des dirigeants politiques controversés comme Fidel Castro ou Hugo Chavez… Son passage en tant que sélectionneur de l’équipe nationale argentine s’est soldé par une déroute : en 2017, le voilà entraîneur d’une équipe de 2e division aux Emirats Arabes Unis. Nul ne songerait pourtant à lui dénier ce statut de mythe vivant qui a fait rêver des générations de supporters en Argentine, à Naples (qui fut longtemps son club) et sur toute la planète foot.

"El Diego" n’est pas le seul joueur à avoir élevé le foot argentin au rang de culte

Il faut aussi compter avec Lionel Messi… qui porte bien son nom ! Né en 1987, l’attaquant originaire de Rosario détient le record du nombre de Ballons d’Or (ex-æquo avec Cristiano Ronaldo) distinction suprême remportée sans interruption de 2009 à 2012 puis en 2015… On commence sérieusement à se demander avec quoi les Argentins assaisonnent leurs asados pour obtenir de tels champions. Lionel Messi est le meilleur buteur de l’histoire de l’équipe du pays, du championnat d’Espagne (il œuvre pour le FC Barcelone). Il est souvent considéré comme le meilleur joueur du monde actuel, et parfois comme le meilleur joueur de tous les temps… Coude-à-coude avec le plus sulfureux Maradona !

N’oublions pas les plus anciens du football argentin

Alfredo Di Stefano dans les années 50, Ossie Ardiles, Passarella (capitaine de l’équipe qui a remporté le Mondial en 78) et Mario Kempes dans les années 70-80 (juste avant le règne de Maradona), Batistuta dans les années 90, ont chacun fait partie des meilleurs joueurs du monde à leur époque et ont uni le peuple argentin dans la célébration de leurs exploits, par-delà les turbulences politiques ou économiques qu’a pu subir le pays pendant ces décennies.

Et le championnat national ?

Si ces prophètes ont marqué profondément l’imaginaire de millions de supporters, le championnat national est lui aussi une saga marquée par des affrontements mythiques. La rivalité la plus célèbre est celle opposant les deux clubs de Buenos Aires : Le Boca Juniors, auréolé du passage de Maradona au début des années 80 et basé dans un quartier populaire, et le River Plate, club réputé bourgeois. Les Superclasico entre les deux clubs font souvent l’objet d’affrontements entre supporters, depuis le 20 septembre 1931… River Plate est le club le plus titré de l’histoire du championnat, qu’il a remporté 36 fois, tandis que Boca Juniors en est à 32, dont ceux de 2015 et 2017. Le Boca tient sa revanche en figurant dans le Top 5 des clubs ayant remporté le plus de championnats internationaux, avec 18 titres. On l’a compris, le fait de soutenir telle ou telle équipe est tout sauf anodin et rares sont ceux qui s’en dispensent dans la capitale argentine.

Si les villes d’Argentine regorgent de monde et de télévisions hurlantes les soirs de match, la passion du foot se décline aussi dans les matchs improvisés aux coins des rues, partagés entre toutes les générations. Les femmes brillent aussi : si l’équipe nationale féminine n’a pas le même prestige international que l’équipe masculine, elle est tout de même reconnue comme l’une des meilleures du continent, avec celle du Brésil.

Un peu d’histoire...

Il faut savoir que le foot aurait été introduit en Argentine par la communauté italienne et qu’il n’a pas été pour rien dans l’intégration de cette dernière. Les Anglais s’en sont très tôt mêlés eux aussi. D’après les connaisseurs, on distingue d’ailleurs dans le style des Argentins certains traits de caractères du foot italien, conciliant technique brillante et roublardise, mêlées à une dose de sérieux et d’efficacité plus anglo-saxonne ! La folie et l’élégance font quant à elles partie des caractéristiques plus sud-américaines qui parachèvent l’ensemble pour faire de l’Argentine l’une des plus belles équipes du monde. Elle n’a pas remporté le Mondial depuis 1986, malgré un accès en finale en 2014… Affaire à suivre ?

En conclusion, prions ensemble le Dieu du football argentin !

Diego Nuestro (traduit de l’espagnol) :

Notre Diego
Qui est sur les terrains
Que ton pied gauche soit béni
Que ta magie ouvre nos yeux
Fais-nous souvenir de tes buts
Sur la terre comme au ciel
Donne nous aujourd’hui notre bonheur quotidien
Pardonne aux Anglais
Comme nous pardonnons à la mafia napolitaine
Ne nous laisse pas abîmer le ballon
Et délivre-nous de Havelange (ancien président brésilien de la FIFA, ndlr)
Diego

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