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Che Guevara en Argentine

Ernesto Guevara, icône internationale de la révolution cubaine et des mouvements communistes latinos jusqu’à sa mort en 1967, était originaire d’Argentine : c’est à l’interjection répandue dans le pays qu’il doit son fameux surnom, le Che.

Ernesto Guevara est né officiellement le 14 juin 1928 – officieusement, un mois plus tôt – à Rosario, la troisième ville d’Argentine. Ses parents sont d’ascendance plutôt noble, mais ils sont tous deux anticonformistes et ont soutenu des causes qui les lient à la gauche, comme le soutien aux réfugiés républicains de la guerre civile espagnole.

Une enfance tranquille

Après avoir vécu ses deux premières années dans la province de Misiones, au nord-est de l’Argentine, où son père dirigeait une exploitation de maté, Ernesto et sa famille s’installent à San Isidro, une banlieue huppée de Buenos Aires. A deux ans, il fait sa première crise d’asthme, maladie qui va le poursuivre toute sa vie et orienter la suite des événements : sur recommandation des médecins, la famille Guevara s’installe à Alta Gracia, petite ville de montagne située près de Cordoba, la deuxième ville du pays, connue pour son climat sec. Sa mère lui apprend à lire, son père lui apprend le jeu d’échec et le tir, et le temps passé loin de l’école lui donne tout loisir de se cultiver abondamment.

Le repos forcé ne résout pas son asthme et c’est finalement dans l’action, dans le sport, qu’il combat ce fardeau : natation, randonnée, escalade, équitation et foot sont finalement au programme d’une enfance libre et heureuse. Ernesto s’impose naturellement comme le meneur de sa bande de copains de toutes classes sociales. La maison familiale, résolument bohême, leur ouvre librement ses portes. Ernesto se fait déjà remarquer pour son aisance et son contact facile dans tous les milieux.

En mars 1942, Ernesto débute ses études secondaires au collège Dean Funes, à Cordoba, effectuant tous les jours un trajet en bus de 40 kilomètres. Mais la famille s’installe à Cordoba dès l’année suivante. Les premières traces d’engagement politique d’Ernesto se placent dans la lignée de celui de son père, membre d’une association antifasciste luttant contre les nazis argentins : le fiston est inscrit dans la section jeunesse.

Mais pour le moment, c’est un engagement moins marqué politiquement qui le passionne : à 15 ans, il rejoint l’équipe de rugby des Estudiantes. L’inhalateur à portée de main, il va jusqu’à rejoindre plus tard le club Atalaya de San Isidro à Buenos Aires, évoluant en première division.

Jeunesse dorée et premiers voyages

En 1946, le général Peron devient président et la famille Guevara s’y oppose vigoureusement. L’enjeu échappe encore à Ernesto, réformé de l’armée en raison de son asthme – un comble, si l’on mesure le temps qu’il a passé ensuite en treillis ! Il commence ses études de médecine et vit une jeunesse dorée, marquée par de nombreuses virées à Cordoba. La bougeotte qui n’allait plus le quitter s’accélère lors des vacances universitaires de janvier-février 1950 : il rejoint son ami médecin Alberto Granado à San Francisco de Chanar, dans le nord du pays, et revient tranquillement par la côte, parcourant ainsi 4500 kilomètres avec un vélo sur lequel il a adapté lui-même un moteur. Le journal sportif El Grafico reproduit abondamment pour une publicité la photo de son départ : sa vocation d’icône photographique débute ici !

A la rentrée, il fait la connaissance de Maria del Carmen Ferreyra, une jeune aristocrate de Cordoba à laquelle il se fiance malgré l’incompréhension de la belle-famille… Mais l’attrait de la route et du large l’emporte. A l’été 1951, il est embauché comme infirmier sur des pétroliers et des cargos, et commence ainsi à visiter l’Amérique latine par les côtes. Surtout, fin 1951, il rejette pour de bon une vie de couple et une carrière toutes tracées en se lançant sur les routes d’Amérique du Sud avec Alberto Granado sur une moto Norton Poderosa II. Une plaque devant la maison de Granado commémore encore le départ de cette épopée au cours de laquelle Ernesto fait ses adieux définitifs à sa fiancée dans la station de Miramar, traverse la Cordillère des Andes et prend progressivement conscience que sa patrie excède largement les frontières de l’Argentine : c’est toute l’Amérique du Sud, espace économique et culturel métis aux frontières et à la population nées de la colonisation espagnole et portugaise, qu’il reconnaît désormais comme patrie…

Le film Carnets de voyage, réalisé par Walter Salles en 2004, reconstitue ce périple initiatique au cours duquel Ernesto a pris conscience de la misère et de l’exploitation du peuple latino dans son ensemble.

De médecin à révolutionnaire

Il retourne à Buenos Aires à l’été 1952 pour terminer ses études : son diplôme de médecin est obtenu le 12 juin 1953. Un mois après, il reprend la route en direction de l’Amérique centrale, avec des étapes importantes en Bolivie et au Guatemala. Il y commence sa carrière de révolutionnaire, laissant derrière lui l’Argentine à jamais… ou presque : le 18 août 1961, Ernesto Guevara, devenu ministre de l’Industrie dans le gouvernement cubain, débarque pour la dernière fois en Argentine, pour rencontrer le président Arturo Frondizi.

Ses origines vont cependant rester attachées à son nom, grâce à un camarade cubain exilé au Guatemala qui va le surnommer Che : comme de nombreux Argentins, Ernesto débute souvent ses phrases avec cette interjection !

Ses pérégrinations l’emmènent donc à Cuba, où il épaule Fidel Castro jusqu’à la prise du pouvoir à La Havane, début 1958. La suite fait quasiment partie de la mythologie, des premières années du régime castriste jusqu’aux nouvelles aventures du guérillero controversé au Congo et en Bolivie, où il est capturé puis fusillé le 9 octobre 1967.

Un peu plus d’un an auparavant, Che Guevara a souhaité mener une nouvelle guérilla en Argentine, où le général Ongania venait de prendre le pouvoir suite à un coup d’état militaire. Il en a été dissuadé par Fidel Castro. L’Argentine a par la suite connu des jours bien sombres sous la coupe des militaires… Il a fallu attendre le 14 juin 2008, 80e année de sa naissance, pour que le pays rende pour la première fois hommage à l’un de ses enfants les plus célèbres. Une statue inspirée par la photo la plus connue du Che peut depuis être admirée à Rosario. Il existe également un musée à Alta Gracia où l’on peut rendre hommage à "l’être humain le plus complet de notre époque", comme l’a appelé Jean-Paul Sartre.

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